Impacts environnementaux

Depuis quelques décennies, l’appauvrissement de la biodiversité s’accélère à un rythme effarant à l’échelle planétaire et le Québec n’échappe pas à cette réalité. Des mesures pour ralentir, sinon éviter, la disparition d’espèces, tant fauniques que végétales, sont donc de mise avant qu’il ne soit trop tard.

Les gouvernements du Québec et du Canada ont adopté des lois qui visent à protéger les espèces aquatiques de nos cours d’eau, particulièrement celles qui sont déjà désignées vulnérables ou menacées. Cette protection des espèces nécessite aussi la protection de la qualité de leur habitat et de l’eau elle-même.

Dans un tel contexte, les clubs de motoneigistes sont appelés à contribuer à cet effort collectif de protection de la biodiversité. Ils doivent assurer leur part de la protection de la qualité des cours d’eau lors de tout aménagement et entretien des sentiers de motoneige. En tout, plus de 33 000 kms de sentiers de motoneige (locaux, régionaux et interrégionaux) sont offerts par les 201 clubs de motoneigistes au Québec, dans toutes les régions.

Un sentier de motoneige a des effets sur les propriétés physiques de la neige et du sol. En effet, le passage répété des motoneiges et des surfaceuses entraîne une compaction de la neige. Bien que les impacts sur la végétation soient amoindris par le couvert de neige, il est important de limiter le passage des motoneiges sur les sites où l’on retrouve des communautés végétales fragiles ou uniques et de restreindre l’accès aux sentiers lorsque le couvert de neige n’est plus assez épais pour protéger la végétation sous-jacente – par principe de précaution. Aussi, l’utilisation hors-saison des sentiers de motoneige par d’autres véhicules hors-route (VHR) doit être considérée dans la planification.

L’utilisation des motoneiges peut mener à une dégradation de la qualité de l’eau. La détérioration et un entretien inadéquat des ponts et des ponceaux peuvent affecter la qualité de l’eau dans les lacs et les rivières, par l’érosion des sols entraînant une augmentation de la sédimentation dans l’eau, laquelle peut détériorer sérieusement l’habitat du poisson. écoSentierMD vérifie la conformité des aménagements, la qualité de la maintenance et la gestion des matières résiduelles. Il encourage aussi les bonnes pratiques qui vont au-delà : il est possible de diminuer l’impact des motoneiges sur la qualité de l’eau en ne circulant pas si la neige est peu épaisse, en évitant les pentes fortes, en limitant leur passage sur et près des lacs et cours d’eau et en construisant des ponts et des ponceaux durables aux traverses de cours d’eau. Plusieurs règlementations provinciales et municipales imposent des distances protectrices autour des plans d’eau.

L’utilisation de la motoneige pourrait engendrer des impacts sur la faune. La planification est un des quatre critères d’écoSentierMD . Il est possible de réduire l’impact sur la faune en évitant les habitats qui lui sont importants (aires d’alimentation, aires de reproduction, aires de repos, habitats d’hiver) et particulièrement les habitats des espèces menacées ou vulnérables, celles-ci étant plus sensibles aux perturbations de leur habitat. Certains de ces habitats sont identifiés et déjà évités en terres publiques, mais ce n’est pas encore systématiquement le cas en terres privées. On peut aussi limiter la fragmentation des habitats en favorisant l’utilisation de sentiers existants.

Le dérangement par le bruit, la pollution atmosphérique et les émissions de gaz à effet de serre (GES) sont des enjeux environnementaux liés à toute activité motorisée. La pratique de la motoneige peut ainsi affecter négativement les personnes résidant à proximité d’un sentier. La création de nouveaux sentiers, en favorisant une augmentation de l’usage des motoneiges, peut potentiellement générer une augmentation des émissions de polluants atmosphériques et de GES.

Il est toutefois reconnu que les modèles de motoneige plus récents consomment moins d’essence, émettant moins de GES et de polluants atmosphériques. Pour le bruit, ecosentierMD vérifie l’application des règles nouvelles adoptées depuis la révision de la Loi sur les véhicules hors route (augmentation des distances séparatrices des résidences) et, au besoin, guide les clubs vers des solutions, tels les écrans acoustiques, décrites dans différents outils, tels :

  • Guide d’aménagement et d’entretien des sentiers de motoneige au Québec. 2012
  • Carnet d’outils du bénévole. Maintenance des sentiers aménagés. écoSentierMD . 2015